Les bons réflexes CoQ10, qui es-tu ?

Si la CoQ10 (coenzyme Q10) est de plus en plus médiatisée, sa découverte remonte à la fin des années 50, et ses premières utilisations thérapeutiques quelques années plus tard.

Chimiquement, la CoQ10 est proche de la vitamine K (d’où les précautions à prendre avec certains traitements anticoagulants), ce n’est pas une vitamine mais plutôt un cofacteur. Une substance naturellement produite par l’organisme qui accompagne certains processus cellulaires. Ce n’est pas un nutriment essentiel dans le sens où l’organisme a la capacité de le produire. La CoQ10 suit par ailleurs la même chaîne de fabrication que celle empruntée par le cholestérol, d’où son interaction négative avec certains médicaments qui réduisent le taux de cette « graisse » !

De par cette capacité de synthèse, les besoins optimaux ne sont pas déterminés, mais l’on considère que l’âge et certaines pathologies surconsomment cette CoQ10. À elle seule, elle ne peut malheureusement ralentir les méfaits du vieillissement ou l’incidence de pathologies, mais de nombreuses études tendent à montrer qu’une supplémentation adaptée peut contribuer à équilibrer certains systèmes enzymatiques et/ou remonter son taux affaibli chez des patients atteints de pathologies comme les maladies cardiaques, les troubles ou douleurs musculaires, les dégénérescences cellulaires…

On la rencontre souvent dans des crèmes en cosmétologie, car, avant tout, une de ses principales propriétés est de favoriser la production d’énergie au niveau de petites structures appelées « mitochondries ». Ces usines énergétiques ne peuvent se passer de cette CoQ10 qui est impliquée étroitement dans leur chaîne respiratoire. Elle active donc la production d’énergie, mais, dans le même temps, elle protège ces nombreuses et minuscules structures mitochondriales.

 

Une double casquette

En effet, c’est un des antioxydants les plus recherchés par l’organisme, et, comme les autres antioxydants, il nous protège des dégâts induits par notre hyperactivité cellulaire, mais en plus garantit une meilleure production énergétique.

Cette double « casquette » la rend presque indispensable face au temps qui passe ou face à de nombreuses suractivités cellulaires induites par des maladies. La CoQ10 est d’ailleurs appelée ubiquinone (ou ubiquinol selon sa forme) en rappel de son caractère ubiquitaire, de son caractère d’omniprésence, auprès de toutes les cellules !

 

Alors, où la trouver ?

Avant tout dans les aliments qui contiennent des graisses, car elle a la propriété de s’y faufiler facilement (caractère lipophile). Ainsi, on la trouve dans les huiles végétales (colza, soja), les poissons (sardine, hareng, truite…), les viandes, plutôt le bœuf et la volaille, les graines et oléagineux, mais également dans les épinards. L’apport alimentaire quotidien reste faible, de l’ordre de 5 à 10 mg, alors que, dans certaines situations, les besoins peuvent être multipliés par 10 ou 20. Il est évident que fournir des taux si élevés est difficile avec au maximum 3 mg de CoQ10 dans 100 g de hareng !

On comprend pourquoi, de manière séquentielle ou plus ou plus continue, il faille se supplémenter. L’innovation technologique permet à présent de rendre la CoQ10 beaucoup plus bio-assimilable, d’où la possibilité d’en prendre moins et donc à un meilleur coût sans pour autant perdre de son efficacité.

 

Des capacités d’entraide !

Booster l’énergie, protéger les cellules… je ne connais pas une cellule ou une action cellulaire qui refuserait un peu de CoQ10 : muscles cardiaques, activité physique, cellules cérébrales, cellules rétiniennes, système immunitaire, régulation endocrinienne, détoxification, filtration rénale…

S’il est difficile en quelques lignes de faire le tour de ses capacités d’entraide, notons que les plus anciennes études témoignent de manière positive de son utilisation face à de l’hypertension ou des insuffisances cardiaques… Devant la complexité de tels troubles, si une supplémentation peut être envisagée, en aucun cas celle-ci ne remplacera un traitement !

Il est souvent délicat de préconiser des antioxydants durant des traitements anticancéreux, bien que la CoQ10 semble être intéressante au regard de certaines chimiothérapies qui peuvent entraîner des altérations et donc des suivis cardiaques au long cours. Dans ce domaine, l’avis d’un spécialiste est, là aussi, de mise.

En cas de prises de statines, de certains neuroleptiques… en cas de fibromyalgie, de gingivopathies, de migraines, de maladies neurodégénératives, de diabète… privilégier les bonnes sources alimentaires en contenant ; de plus, de bons compléments alimentaires seraient fort utiles pour contrer l’incidence de ces thérapies ou maladies.

Enfin, activité énergétique, muscles, cœur… on voit que la cible du sportif occasionnel ou confirmé est un tremplin pour la CoQ10, car elle pourrait faciliter l’effort physique, la récupération... Attention, il vous ne vous reste plus que 6 ans pour décrocher une médaille d’or aux JO de Paris, avec ou sans CoQ10. De toute façon, dans 6 ans, c’est une lapalissade, on aura 6 ans de plus, et si vous voulez la médaille de la jeunesse, alors restez actif et accompagnez votre petit déjeuner de 30 à 50 mg de CoQ10 assez régulièrement.

 

Pascal Guerit